La chouette crie Merci

Retour sur un décollage joyeux

Le cri de la chouette, c’est un projet que je porte en moi depuis plusieurs années. Des sessions acoustiques régulières à la maison et des avants-premières de clips bidouillés main, pour partager autrement les projets musicaux de la compagnie, pour relier ce fourmillement musical qui nous habite et nous amène à traverser des espaces contrastés, voyageurs, inattendus.



Deux des projets portés par la compagnie n’ont pas survécu aux remous de la crise du COVID, et pour l’instant je dois parvenir à me sevrer, temporairement, des polyphonies et de la chanson française… Je suis toujours portée par l’émerveillement que distillaient Kosmomitché et Pierre de Lune. Toujours nourrie par la beauté de ce que nous avons partagé et construit avec les chanteuses Anaïs Jamet et Elsa Mazeran, puis avec la pianiste Kathrin Sinistra.


Restent trois projets musicaux bien différents

Bleu Coyote, après avoir profité du répit estival pour clore une belle et intense première saison de dates de rodage, était en pleine phase de décollage. L’animal affûtait ses compos, grossissait d’instruments et d’énergie nouvelle, et s’apprêtait à attaquer les scènes professionnelles avec une joie toute canine et sauvage.

Chavelando était sur le point de sortir de sa coquille pour sa première scène, à l’occasion du Festival des Arbories de mars… Festival annulé puis reporté à l’automne puis désappointé, comme tant d’autres.

AmannamA, mon solo électro-trad dont personne n’a jamais rien entendu à part Manu, mitonnait tranquillement sur mon feu intérieur et avançait par petites touches. Quand le temps m’était laissé par mes quatre autres projets d’alors.

Et la chouette parla

Le virus arrive et s’installe. Les concerts s’usent à force d’être reportés et soumis à des conditions changeantes puis tributaires de la météo, puis finalement sont interdits, reprennent, puis cessent encore. Les revenus chutent. Les perspectives sont réduites au mieux à du flou, au pire à néant.

Mais nous sommes toujours là, toujours deux, avec nos musiques et nos mélodies. Nous reparlons de ce projet de diffusions musicales régulières.

Ce projet, imaginé hors contexte de crise sanitaire, y fait finalement son lit. Le coucou pose toujours ses œufs dans le nid des autres volatiles.

Non, ce n’est pas la panacée, et ça ne remplacera jamais un concert. Ça permet de donner un sens à notre travail et de continuer à préparer la suite. Une musique qui ne se partage pas est une musique qui me rend triste.

Une première session bien rock’n roll

Jusqu’au dernier moment le projet pourtant simple en apparence, enregistrer et mettre en ligne un morceau, est menacé d’avorter. Hésitations et revers incessants sur le morceau à proposer, répétitions un peu trop passionnées, menus difficultés techniques diverses et variées, absurdité douloureuse d’une situation où on se stresse pour une mise en ligne à heure dite et jour dit… Alors que c’est un rendez-vous où nous savions que nous allions nous rendre seuls.

Nous ne fûmes finalement pas peu fiers et heureux de pousser dans les airs nocturnes et glacés notre premier cri ce 29 novembre. Avec juste quatre petites heures de retard…



Une deuxième session magique

Pour la deuxième, on prend des risques et on s’expose un peu plus, avec un morceau traditionnelle Rom interprété de manière beaucoup plus personnelle. Un morceau qui fait peur, parce qu’il est une institution à lui tout seul et les références y sont déjà multiples et grandioses.

On y prend tellement de plaisir qu’on oublie la peur. On est déjà mieux rodé pour la mise en place de l’espace et l’éclairage. La prise son et le mixage sont par contre plus complexes, entre les deux voix à intensité variable, la guitare acoustique, la guitare électrique, le bendir et la derbouka, Manu doit faire des prouesses. Tournage et mixage en une journée, mise en ligne avec juste une heure de retard.

Nous avons eu de nombreux retours tantôt touchants, tantôt galvanisants, toujours enthousiastes. C’est une grande joie.

Pour la troisième, ça risque de décoiffer… Je vais me retrouver seule à bord, ou presque, puisque Manu prend en charge le mixage final.

Un petit indice, il y aura des paillettes, et ce n’est pas parce que Noël approche.

Hâte et peur en même temps…

Merci !

Charlotte

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